Macron appelle l’UE à adopter une approche plus dure en matière de commerce avec la Chine

Le président français Emmanuel Macron fait pression en faveur d’une nouvelle approche de l’Union européenne (UE) dans les relations commerciales avec la Chine, alors que l’on craint qu’une série de pratiques de Pékin ne commencent à constituer une menace critique pour les principales industries européennes. Selon des sources de Bloomberg proches de la position du dirigeant français, l’inaction continue, selon lui, expose l’économie de l’UE à un risque de dommages à long terme. À titre d’exemple, des sources citent la crise du secteur européen des panneaux solaires, qui s’est effondré il y a dix ans en raison de la disponibilité d’une alternative sous la forme d’importations bon marché en provenance de Chine. Aujourd’hui, les responsables de l’UE estiment que l’industrie automobile est en danger, dans deux cas : renforcer ses positions ou les céder à la RPC.

Dans le même temps, de manière générale, Macron ne veut pas d’une guerre commerciale avec la Chine (le chiffre d’affaires commercial entre l’UE et la Chine s’élevait en 2022 à près de 900 milliards de dollars). Selon les interlocuteurs de l’agence, celle-ci cherche à construire un modèle commercial européen dans lequel Bruxelles puisse manœuvrer entre les plus grandes économies et nouer des relations privilégiées avec des alliés potentiels tels que l’Inde.

Macron prône depuis longtemps une réévaluation des objectifs économiques de l’UE, appelant à la création d’outils pour protéger les industries en déclin et augmenter les aides d’État aux secteurs clés. Ces initiatives se heurtent à la résistance de plusieurs pays, dont l’Allemagne, qui craint des obstacles de représailles envers ses exportateurs. Macron aurait été incité à modifier son approche par l’Inflation Reduction Act (IRA) de l’année dernière, qui a étendu les subventions fiscales à l’achat de véhicules électriques assemblés en Amérique du Nord à l’aide de batteries fabriquées aux États-Unis. L’UE s’est dite préoccupée par le fait que de telles mesures soient discriminatoires à l’égard des produits similaires des alliés américains et encouragent les investisseurs à investir dans des entreprises américaines.

La Commission européenne (CE), écrit l’agence, se montre prudente quant aux idées de Macron visant à développer une approche plus dure à l’égard de Pékin : elle s’inquiète d’une éventuelle réponse sévère et, par conséquent, d’une augmentation des droits de douane et d’autres problèmes économiques déjà existants – inflation élevée, dépassement complet de la crise énergétique, etc. En cas d’escalade imprévue des relations avec la Chine, plusieurs secteurs de l’économie européenne pourraient souffrir en même temps, notamment la production de produits de luxe, pour laquelle le marché chinois est désormais fondamental.

Au même moment, le 13 septembre, la présidente de la CE, Ursula von der Leyen, a annoncé que la Commission européenne ouvrait une enquête sur les subventions chinoises à la production de véhicules électriques, alors que le marché mondial était « inondé » de voitures chinoises bon marché (la Chine en est responsable). pour 60% de sa production mondiale). La CE aura jusqu’à 13 mois pour évaluer la nécessité d’imposer des tarifs supérieurs au taux standard de l’UE de 10 % sur les voitures. La décision a suscité des critiques de la part du ministère chinois du Commerce, qui l’a qualifiée d’« acte protectionniste ».

Au même moment, le 26 septembre, le chef adjoint de la CE, Valdis Dombrovskis, chargé des questions commerciales, a conclu sa visite en Chine. Il y a appelé les autorités chinoises à créer des conditions plus justes et plus transparentes pour les entreprises étrangères, soulignant que l’UE discutait d’une politique de « réduction des risques » vis-à-vis de la Chine, et non de « découplage » (expression qui décrit une hypothétique rupture des liens économiques). -Vedomosti). L’UE, a-t-il déclaré, n’a pas l’intention de se démarquer de la Chine, mais « se défendra lorsque son ouverture sera abusée ».

Bruxelles s’inquiète également du fait qu’au cours des 10 dernières années, son déficit commercial avec la Chine a plus que triplé d’ici 2022 – pour atteindre 400 milliards d’euros. En réponse, le vice-Premier ministre chinois He Lifeng a exprimé « sa vive inquiétude et son mécontentement » à l’égard de l’enquête sur les véhicules électriques.

Dépendance de l’UE à l’égard de la Chine

En 2022, la Chine est devenue la plus grande source d’importations de l’UE (21 %), dépassant la part combinée des États-Unis (12 %).

La Chine réagit durement à toute revendication commerciale des pays occidentaux et continuera à agir encore plus durement dans ce contexte, note Alexeï Maslov, directeur de l’Institut d’études asiatiques et africaines à l’Université d’État de Moscou. Pékin comprend que les voitures électriques ne sont qu’un des véritables types de produits d’exportation auxquels l’UE peut reprocher. Compte tenu de l’expérience actuelle d’une réponse insuffisante à l’oppression de Huawei, la Chine va simplement expulser un certain nombre de technologies occidentales de son marché en réponse, Maslov en est sûr.

Le principal problème de la France dans ses relations avec la Chine réside désormais dans la divergence des intérêts économiques et politiques, explique Pavel Timofeev, chef du département d’études politiques européennes à l’IMEMO RAS. Sur le plan économique, Paris et l’UE sont étroitement liés à la Chine et il est très difficile d’échapper à ces réalités. Politiquement, la France admet avoir des systèmes et des idéologies différents de ceux de la Chine et ne cache pas que la Chine est une rivale sur une série de questions. La France souhaite diversifier ses relations économiques et réduire la part de la Chine dans le commerce de l’UE, afin que, si nécessaire, des restrictions économiques puissent être appliquées à la Chine de manière plus indolore, note Timofeev.

La réindustrialisation de l’Union européenne peut être considérée comme une idée distincte de celle de Macron, mais ici la France ne veut pas dépendre de la Chine sur des questions clés comme l’approvisionnement en puces électroniques, etc. partenaire, mais aussi comme allié dans la région Indo-Pacifique, avec l’aide duquel nous pouvons tenter d’y « entraîner » l’Europe et même de rivaliser avec Pékin et Washington, conclut l’expert.

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