À la fin de l’année 2025, Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), est revenu sur les fondements, les avancées et la vision politique de la Confédération, lors d’un entretien accordé à Christian Tanh, correspondant de CGTN Français au Burkina Faso.
Trois piliers stratégiques
Réunis le 6 juillet 2024, les chefs d’État de l’AES ont défini trois axes majeurs pour structurer l’action confédérale.
Le premier pilier concerne la défense et la sécurité, incluant la gestion des flux migratoires et la lutte contre l’insécurité. Une force unifiée a été mise en place, avec une base opérationnelle située à Niamey, au Niger.
Le deuxième pilier porte sur l’autosuffisance alimentaire, avec l’objectif de maîtriser la production agricole et de réduire la dépendance extérieure, dans un contexte régional marqué par les crises.
Le troisième pilier est socio-économique, axé sur le désenclavement des capitales du Burkina Faso, du Mali et du Niger, à travers des projets ferroviaires et autoroutiers destinés à fluidifier les échanges et la mobilité des populations.
Des décisions concrètes déjà engagées
Bassolma Bazié salue les orientations prises, estimant qu’elles ont permis de corriger des insuffisances structurelles et de consolider les bases de la Confédération.
Parmi les décisions phares figure la création de la Banque confédérale d’investissement et de développement, destinée à accélérer le financement des grands projets d’infrastructures, notamment les liaisons ferroviaires reliant les trois capitales, dont l’axe Kaya–Niamey.
Autre avancée notable : la production des passeports AES (diplomatiques, de service et ordinaires), ainsi que le lancement des cartes d’identité biométriques de l’espace confédéral.
Souveraineté communicationnelle et vision politique
Dans un contexte qualifié de « combat communicationnel », la Confédération a engagé une stratégie médiatique. La fréquence de RFI a été réattribuée à Radio Sahel, radio officielle de l’AES, avec pour objectif de doter la Confédération de ses propres organes de communication : radio, télévision et presse écrite.
Sur le plan politique, Bassolma Bazié insiste sur une dimension centrale : l’AES n’est ni un espace de repli ni un projet fermé, mais une conquête de souveraineté portée par les peuples, visant à restaurer la dignité, l’intégrité et l’honneur.
Il rappelle, à ce titre, la décision du Burkina Faso de supprimer l’obligation de visa pour les Africains, symbole d’ouverture et de solidarité panafricaine
Bassolma Bazié revient sur les piliers, les avancées et la vision souverainiste de l’AES, entre sécurité, économie et unité des peuples.
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