Le Niger a annoncé l’interdiction totale de délivrance de visas aux citoyens des États-Unis. Cette décision intervient en réaction directe aux restrictions migratoires imposées par Washington et s’inscrit dans une stratégie affirmée de réciprocité et de souveraineté diplomatique.
Interdiction totale des visas américains
Les autorités du Niger ont décidé, cette semaine, de suspendre totalement et définitivement la délivrance de visas à tous les citoyens des États-Unis, selon une source diplomatique citée par l’Agence Nigérienne de Presse (ANP).
La mesure prévoit également l’interdiction indéfinie d’entrée sur le territoire nigérien pour les ressortissants américains.
« Le Niger interdit totalement et définitivement la délivrance de visas à tous les citoyens américains et interdit indéfiniment l’entrée sur son territoire aux ressortissants des États-Unis », précise la même source.
Réciprocité, souveraineté et durcissement migratoire américain
Cette décision fait suite à l’élargissement, le 16 décembre, des restrictions migratoires américaines à sept nouveaux pays. Pour la première fois, trois États membres de l’Alliance des États du Sahel — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — figurent sur cette liste.
Selon la Maison Blanche, le président Donald Trump a signé une proclamation visant à « restreindre et limiter davantage l’entrée des ressortissants étrangers afin de protéger la sécurité des États-Unis ». L’accès au territoire américain est ainsi totalement suspendu pour les ressortissants des pays concernés, à l’exception de certains cas spécifiques (résidents permanents, diplomates, visas déjà valides ou intérêts nationaux).
Un bras de fer diplomatique aux conséquences ouvertes
Selon ActuNiger, la riposte de Niamey est présentée comme un acte d’affirmation de souveraineté et le signe d’une diplomatie désormais moins encline à subir les décisions unilatérales. Ce bras de fer intervient dans un climat déjà tendu autour des visas américains en Afrique.
En octobre, Washington avait instauré des cautions allant de 5 000 à 15 000 dollars pour certains demandeurs africains, accusés de taux élevés de dépassement de séjour. Plusieurs pays avaient protesté, dont le Mali, brièvement concerné avant d’être retiré de la liste.
À Niamey, cette décision pourrait toutefois compliquer les échanges humains, économiques et universitaires entre les deux pays. Reste à savoir si cette confrontation diplomatique s’inscrira dans la durée ou ouvrira la voie à de nouvelles négociations.
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